#1 ASSASSINES


Médée, Georges Hüe
Judith, Paul Hillemacher

La Compagnie du Prix de Rome propose un premier spectacle nommé Assassines, constitué de deux cantates 1er Grand Prix de Composition du Concours du Prix de Rome: Judith de Paul Hillemacher (1876) et Médée de Georges Hüe (1879), écrites pour soprano, mezzo-soprano, baryton-basse et orchestre symphonique. La Compagnie du Prix de Rome propose deux versions : une version voix et piano, et une deuxième version arrangée pour voix et orchestre de chambre.

 

Durée : 1h20 avec entracte

« Ah ! Quels mots pourront jamais dire

Le trouble qui s’éveille en moi,

L’ivresse que ta voix m’inspire » …

                                              Livret pour les cantates du prix de Rome

                                                                                    1879 - Médée

Qui dira en effet le trouble, le sortilège dans lequel nous jette la Médée de Georges Hüe ? Ou la ferveur sans merci de la Judith de Paul Hillemacher ? Voix du sang palpitant au plus intime de la chair. Sang pourpre de la passion et du sacrifice, sang noir de la furie et de la haine, sang d’encre du désespoir et de la mélancolie… car les figures du mythe, les héroïnes légendaires de l’Ancien Testament ou de la Grèce immémoriale ont la vertu « d’émouvoir » – au sens premier du terme – notre humanité ; de « mettre en mouvement » les émotions premières, les terreurs et les exultations du vouloir-vivre. Des émotions portées à leur incandescence par la forme resserrée de la cantate du prix de Rome. 

Rien de moins académique, de moins passéiste – quoi qu’on en dise… – que ces cantates de concours qui demeuraient pour les jeunes compositeurs, le meilleur moyen d’approcher l’opéra, de prouver leur capacité à servir l’expressivité et les couleurs de la voix, dans une scène lyrique d’une vingtaine de minutes. On se souvient que les plus grands noms de la musique française se sont mesurés à l‘épreuve : Halévy, Berlioz, Thomas, Gounod, Bizet, Massenet, Debussy, Ravel… Mais combien de centaines d’œuvres méconnues, oubliées? Injuste. Pour s’en convaincre, il suffit d’entendre les cantates de Médée et Judith. Tout simplement s’abandonner   à « l’ivresse que ta voix m’inspire »…

Jérôme Godeau, Commissaire d’exposition et historien d’art au Musée Bourdelle de Paris