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ASSASSINES

Médée, Georges Hüe

Judith, Paul Hillemacher

Deux cantates 1er Grand Prix de Composition du Concours du Prix de Rome: Judith de Paul Hillemacher (1876) et Médée de Georges Hüe (1879), écrites pour soprano, mezzo-soprano, baryton-basse et orchestre symphonique. La Compagnie du Prix de Rome propose deux versions : une version voix et piano, et une deuxième version arrangée pour voix et orchestre de chambre. Le spectacle est mis en espace et costumé.

 

Durée : 1h20 avec entracte

Médée, Georges Hüe

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Georges Hüe remporte à 21  ans le Prix de Rome en 1879, avec la cantate Médée sur un livret d’Albert Grimault.

« La cantate qui a valu à M. Hue, élève de M. Reber, le premier grand prix de composition musicale, a des mérites sérieux qui semblent nous promettre un compositeur de théâtre. J’y signale avant tout une heureuse préoccupation de l’expression dramatique et un certain respect de la prosodie, qui ne sont pas choses communes par le temps qui court Victor Wilde », Le Parlement.

Né à Versailles en 1858 et fils d’architecte, il entre au Conservatoire de Paris en 1878 en classe d’orgue, de composition et de contrepoint. Il étudie auprès d’Henri Reber, César Frank, et est conseillé par Charles Gounod.

Ses œuvres sont principalement consacrées à l’art lyrique: un « épisode sacré » pour soprano solo, chœur et orchestre Résurrection (1892), l'opéra-comique Les Pantins (1881), les opéras Titania (1903), Le miracle (1910), Dans l’ombre de la cathédrale (1921), la comédie-musicale Riquet à la houppe, (1928). On trouve également une pléthore de mélodies tels que les recueils Lieds dans la forêt (1906), Edith au col de cygne (1902), Chansons printanières (1912). Son attirance pour l’Asie où il voyage se perçoit dans le ballet pantomime Siang-Sin (1924), les recueils de mélodies Poèmes japonais (1922), Croquis d’orient (1920). Hüe rejette le courant naturaliste qui s’impose à la charnière du XIX et XXème siècle, et compose des œuvres féeriques telles que le poème lyrique Rubezahl (1886) qui fut récompensé par le Prix de la ville de Paris, la musique de scène La Belle au bois dormant (1894).

Dans ses compositions instrumentales il s’illustre dans des œuvres telles que Fantaisie pour flûte et orchestre, Thème varié pour alto, un poème symphonique Emotions (1920), et également dans la musique de film Le Retour d’Ulysse de Jules Lemaître (1909).

On peut voir en Georges Hüe un compositeur fidèle à la tradition française mais influencé par le wagnérisme et attentif aux évolutions musicales de son époque.

C’est bien en ces termes que Paul Locard, dans Larousse mensuel illustré de juillet 1922 résume à la perfection l’œuvre du musicien: « Quelque temps fasciné par le mirage wagnérien, Georges Hüe, comme Vincent d'Indy, comme beaucoup d'autres, n'a pas tardé à se reprendre […] Il a senti que toute tradition porte en elle une énergie qui va, un élément de progrès logique et continu, et aussi que le destin de la musique est d'évoluer […] Par la finesse de sa culture, la délicatesse de sa sensibilité et de son goût, par cette sincérité qui n'a jamais rien sacrifié à l'effet, par l'indépendance d'une personnalité qui ne s'est asservie à aucune formule, par la clarté, l'élégance, la souplesse et la vigueur de sa maîtrise, Georges Hüe honore hautement l'école musicale française.»

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Personnages

Créüse : Soprano

Médée : Mezzo-soprano

Jason : Baryton-basse

Argument

L’histoire de Médée, magicienne et fille d'Eétès, débute avec l'arrivée de Jason et des Argonautes en Colchide, à la conquête de la Toison d'or. Médée tombe éperdument amoureuse de Jason. Elle lui propose de le seconder dans son dessein à condition qu’il l’épouse et l’emmène avec lui. Grâce aux sortilèges de Médée Ils s’emparent de la Toison d’Or et s’enfuient. Ils se réfugient à Corinthe où Jason s’éprend de

Créüse, la fille du roi Créon. Créon décide de les unir par le mariage. Médée anéantie par la trahison poignarde leurs deux fils. Elle offre dans le même temps à sa rivale Créüse une robe nuptiale empoisonnée qui la brûle vive, embrase le palais et faitpérir Créon. Médée s'envole sur son char tiré par des dragons et abandonne Jason à son désespoir.

L’action de la cantate se situe à Corinthe. Juste après l’infanticide de Médée, la scène s’ouvre sur la chambre nuptiale de Jason et de Créüse qui se préparent à passer leur première nuit d’amour.

Scène I - Après un prélude orchestral, Médée, dans un récitatif et un air, reprend ses esprits et prend conscience avec horreur et désespoir du meurtre de ses propres enfants. Elle se livre ensuite à la douleur d’aimer encore Jason. Elle entend la musique joyeuse qui lui parvient de la fête célébrant le mariage de l’infidèle. Dans la scène et l’invocation suivante, elle retrouve sa fougue vengeresse et l’aide d’Hécate pour transformer la chambre de sa rivale en tombeau. A l’approche de Jason et de Créüse, elle s’enfuit dans les jardins du palais.

Scène II - S’ensuit un duo entre les deux amants Jason et Créüse célébrant leur amour, et la nuit radieuse qui s’offre à eux. Mais Créüse sent petit à petit son corps brûler. Jason comprend que s’accomplit la vengeance de Médée.

Scène III – Le retour de Médée mène au trio final. Créüse exprime toute sa douleur mais sa joie d’expirer dans les bras de son époux. Jason est déchiré entre sa colère contre Médée et sa douleur de voir Créüse mourir dans de terribles souffrances. Médée, diabolique jouit de son crime et de sa haine contre son amant parjure. La cantate s’achève sur les dernières paroles de Jason avant qu'il se donne la mort devant le corps inanimé de Créüse, tandis que Médée s’envole sur son char. 

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Raphaël Vincenot, pastel sur papier 2021
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Judith, Paul Hillemacher

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Paul Hillemacher remporte à 24 ans le Prix de Rome, en 1876, avec la cantate Judith sur un livret de Paul Alexandre.

Née en 1852 à Paris, fils du peintre académique Eugène Hillemacher, il entre au Conservatoire de Paris dans la classe d’Hervé Bazin. Il remporte un second prix au Concours du Prix de Rome en 1873, avant de finir lauréat en 1876. La plupart de son œuvre, est coécrite avec son frère Lucien Hillemacher, et est signée Paul-Lucien Hillemacher. Leurs œuvres principales sont les opéras-comiques Saint Mégrin, Une aventure d’Arlequin, Le Régiment qui passe ; la légende symphonique Loreley, la pantomime One for two, les drames lyriques Le Drac, Orsola, les oratorios La légende de Sainte Geneviève et La Passion, le tableau musical Fra Angelico, le ballet-pantomime Le Mystère enchanté, l’opéra Mydas. Mais

leur duo compose aussi des œuvres purement instrumentales, Une suite dans le style ancien pour violoncelle et ensemble instrumental, Deux pièces nouvelles pour violoncelle et orchestre, des pièces pour piano et orgue. Lors de la séance publique du 9 novembre 1876 où est exécutée la cantate Judith, l’œuvre fait l’objet de deux critiques élogieuses, l’une sous la plume de M. de Themines dans L’Art. « Dès le début de la cantate, l’introduction est intéressante et bien écrite. La malédiction de Judith sur l’ennemi d’Israël est largement déclamée ; le chant d’amour du roi d’Assour a de l’élan, et la mélodie dans laquelle le roi évoque le souvenir de la belle Juive est pleine de charme et de poésie ; mais la meilleure page, à notre avis, de la partition de M. Hillemacher est le trio. Annoncé avec franchise et vigueur, il est très bien développé à l’orchestre, et le retour de la pensée première est amené dans la coda avec habileté. Bref, la cantate de M. Hillemacher nous permet de fonder sur lui les meilleures espérances. » ; le Ménestrel du 9 novembre 1976, décèle dans la cantate de « M. Hillemacher un esprit cultivé, en même temps qu’un bon musicien qui a écouté avec profit les maîtres de la scène moderne et qui, à l’occasion, s’inspire des Huguenots, d’Hamlet et de Faust. Nous ne voulons pas dire que M. Hillemacher commette des plagiats ; il s’est contenté, dans quelques passages de sa Cantate, de prendre pour guides Meyerbeer, MM. Ambroise Thomas et Gounod : il eût pu choisir de moins bons modèles. Nous avons écouté avec un véritable plaisir la seconde partie de sa Judith : la marche colorée par laquelle elle débute et le trio final très bien bâti ont provoqué et mérité les applaudissements du public. ».

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Personnages

Judith : Soprano

Zillah : Mezzo-soprano

Le Roi d’Assour : Basse chantante

 

Argument

Le livret de Judith est inspiré du livre de Judith de l’Ancien testament. Nabuchodonosor II envoie Holopherne (roi d’Assour), général de ses armés, à la conquête de la Judée. Les troupes assyriennes encerclent et siègent autour de la ville de Béthulie où se sont réfugiés les Israélites qui arrivent au bout de leurs ressources. Judith, une jeune et séduisante juive décide de sauver son peuple. Accompagnée de sa servante Zillah elle se présente au camp d’Holopherne dans le dessein de l’enivrer afin de lui trancher la tête.

L’action de la cantate s’ouvre sur l’arrivée de Judith et Zillah auprès de la tente d’Holopherne.

 

Scène I – Zillah invite Judith à prier. Judith dans un premier air se livre à une prière.

Scène II – Le Roi d’Assour parait devant ses tentes. Dans un récit puis duo, Judith offre de trahir son peuple et d’aider Holopherne à s’emparer de Béthulie. Holopherne tombe sous le charme de Judith qui lui fait croire à une attirance réciproque et le séduit.

Scène III – Introduction Symphonique.

Scène IV – Le Roi d’Assour, seul dans sa tente, semble déjà gris, en proie à la mélancolie. Dans un récit et air, il exprime son goût pour le vin, seul remède à l’ennui et au dégoût de vivre.

Scène V – Judith et Zillah pénètrent dans la tente. Commence alors un trio dans lequel Judith joue la séduction pendant que sa servante remplit sans cesse la coupe de vin d’Holopherne. Pendant un court instant, Judith est émue par la beauté et les déclarations enflammées du Roi. Holopherne endormi, Zillah incite sa maîtresse à se ressaisir. Judith lui tranche la tête qui tombe à ses pieds. Puis les deux femmes s’éloignent du camp.

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Raphaël Vincenot, pastel sur papier 2021